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 L’oeuvre photographique de Bernard Russo est un témoignage d’errance dans la richesse des civilisations du monde dont il capte l’énergie mystérieuse, la beauté sulfureuse et évanescente. On le sent amoureux des rencontres car il dépasse l’aspect documentaire, l’enregistrement brut de données pour transmettre des ambiances, des sensations, voire des sons et des odeurs. Ainsi, on entend au loin le pas feutré de « La femme en vert au chapeau » qui glisse sur le sol de la maison. Aspiré par le temps de l’instant, le geste quotidien s’enlace dans l’acte photographique. Son œuvre réside dans la captation juste et précise de moments de vie qui subjuguent le spectateur. La qualité de ses prises de vue tient de la magie de l’équilibre dans des compositions sobres sublimées par des couleurs parfois saturées et baignées de lumière. La puissance du cadrage rivalise avec un traitement des lumières et des couleurs qui émerveille le regard. Dans « Moine balayeur » la poussière s’élève des détritus et se mêle à la lumière, créant une forme de pictorialisme qui ne délaisse pas le détail. Cette partition lumineuse qui joue sur la nuance de la matière se nourrit d’une réalité qui n’est pas tant littérale qu’habitée. Privilégiant l’ambiance et la sensation du vécu, cette photographie révèle une esthétique et une sensibilité à la puissance séductrice.

Véronique Perriol, Galerie Arcima, Paris.

 

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